LE RETOUR DU PRINTEMPS

Mis à jour : avr. 12

Extrait du 3eme conte


Dans une forêt lointaine vivait Mme Hibou. Elle avait pour voisine Mme Corbeau qui venait de pondre ses œufs, c’était le printemps, les arbres se couvraient de feuilles et le sol était tapissé de fleurs. Mme Hibou s’occupait de son nid tout comme Mme Corbeau. Mais un soir, elle remarqua que cette dernière n’était pas rentrée. Ses œufs étaient seuls depuis trop longtemps et risquaient de refroidir. Inquiète, elle vola jusqu’au nid et prit dans son bec les œufs l’un après l’autre pour les déposer avec les siens.


Le temps passant, un matin ses œufs eurent éclos et quelques jours plus tard ceux de Mme Corbeau. A présent, il y avait dans le nid 9 petits, 6 corbeaux et 3 hiboux. Sur les six corbeaux, un seul était normal, le plus petit, le sixième. Le premier était aveugle, le second n’avait pas d’ailes, le troisième était sourd, le quatrième était muet et le cinquième n’avait pas de pattes.


Aidé par les autres animaux de la forêt, Mme Hibou recherchait de la nourriture pour sa nombreuse progéniture. Les six petits corbeaux considéraient Mme Hibou comme leur mère, jusqu’au jour où des plumes recouvrirent leurs corps. Ils étaient noirs, alors que Mme Hibou et ses petits étaient marrons. Ils lui en demandèrent la raison et Mme Hibou dût leur dire la vérité. Leur maman avait disparu et n’était jamais revenue.


D’ailleurs, depuis ce jour, Mme Hibou s’était aperçue que la forêt devenait étrange ! La forêt devenait de plus en plus silencieuse. Elle semblait se refermer sur elle-même et s’endormir doucement. Les animaux étaient inquiets, ils n’entendaient plus le craquement des arbres, et progressivement, il y avait de moins en moins de chants d’oiseaux.


Les petits décidèrent donc de partir à la recherche de leur maman. Mme Hibou leur conseilla d’aller voir le hibou Grand-Duc, le grand sage de la forêt. Seul restait dans le nid ce jour-là, le petit qui n’avait pas d’ailes. Le Grand-Duc leur apprit que leur mère était prisonnière du renard. Il leur apprit également un chant qui leur serait utile en cas de danger. Puis il appela le vent pour que celui-ci emporte le petit sans ailes. Il fallait que la fratrie soit complète pour ce grand voyage. Le hibou Grand-Duc ne dit rien de plus.


A la tête de cette escadrille se trouvait le plus petit, suivi par ses frères et le vent qui portait sur son dos le corbeau sans ailes. Fatigué de cette longue route, les oiseaux décidèrent de se poser un peu.

Sur le chemin, ils aperçurent des lucioles affolées qui tentaient désespérément de transporter leurs œufs.

- Depuis ce matin, la chasse est ouverte et les chasseurs passeront par là en poursuivant leur proie. Il nous faut protéger nos petits.


Sans hésiter, les corbeaux prirent délicatement dans leur bec, les œufs et les larves pour les déposer au pied d’un arbre. Ils rajoutèrent sur le dessus une feuille qui servirait de toit. Pour les remercier, les lucioles dirent aux oiseaux qu’en cas de danger, ils pouvaient les appeler. Qu’elles se feraient une joie de les aider. Que leur mission était d’aider les autres, car elles portent en elle la lumière de l’Univers. Sur ce, les corbeaux reprirent leur envol.


En passant au-dessus de la mare, le vent se mis à tourbillonner et malheureusement le petit sans ailes atterrit sur le terreplein d’un crapaud, roi de la mare. Celui-ci était furieux qu’un intrus ose pénétrer chez lui, sans permission. Si l’animal avait été plus petit, il l’aurait gobé sans merci. A défaut de pouvoir s’en régaler, il le garda prisonnier et exigea de ses frères qu’ils aillent lui chercher une luciole dans la forêt, car il rêvait depuis longtemps d’en manger une. Le plus petit, celui qui avait toutes ses facultés partit et alla voir les lucioles. L’une d’entre elle se porta volontaire et partit avec le jeune corbeau. En arrivant au-dessus de la mare, la luciole voyant le crapaud compris que ce dernier n’était qu’un roublard et qu’il réclamerait une autre luciole en échange de la liberté du corbeau. Sans hésiter, elle alla chez le corbeau sans ailes et lui dit :

- Mange-moi et tu voleras !


L’oiseau hésita un moment, puis se rappelant la mission des lucioles, il la goba. Aussitôt, il sentit une chaleur en lui, atteindre son cœur et des picotements dans son dos. Dans la minute qui suivit, des ailes lui poussèrent. Le corbeau était impressionné par la hauteur lorsqu’il s’envola pour la première fois de sa vie. Maintenant, il se sentait capable de pouvoir être comme ses frères. Le crapaud ahuri regarda les corbeaux partir...



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